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Episode 06

Sur la piste de Amandine



Amandine, comment devient-on brodeuse à la suite d’études littéraires ?


C’est vrai, j’ai fait des études de littérature puis les Beaux-Arts. Le point commun, c’est sans doute que j’ai toujours été attirée par le design, la mode, les collections. Mes premières expériences professionnelles l’ont été d’ailleurs dans les boutiques de prêt-à-porter. Et puis, il y a ma région, berceau de l’industrie textile, et l’influence familiale sans doute, ma maman et mes grands-parents ayant toujours travaillé dans des ateliers de confection de linge de maison. La boucle est bouclée. Pourtant, j’ai fait une parenthèse de deux ans pendant laquelle je suis partie vivre en Australie. J’y ai fait toutes sortes de métiers, c’était une expérience incroyable. Mais, au final, retour aux sources. Depuis 2020, j’ai intégré l’entreprise de confection Serge Bavay, à Douchy-les-Mines, et nous travaillons sur les produits personnalisés de Paddock Sports.




En quoi consiste votre métier de brodeuse ?


On imagine facilement une brodeuse avec une aiguille à la main mais en fait je suis plus facilement à programmer les ordinateurs et utiliser le logiciel pro qui va piloter les machines à broder. En fonction des commandes, je peux utiliser des brodeuses à 4 têtes, pour les séries, ou à mono tête, pour la personnalisation. Je fais également un peu de retouche pour adapter la création confiée aux spécificités du support. Ici, avec les 6 couturières et ma collège brodeuse, on porte un vrai savoir-faire et une confection made in France.




Vous verriez-vous femme chef d’entreprise ?


J’ai beaucoup d’admiration pour les femmes qui parviennent à tout concilier, à se démener du lundi au dimanche. Je ne sais pas si j’en serai capable. Peut-être si j’avais créé ma boutique et ma ligne de vêtement. La passion de la création, elle ne m’a pas quittée. J’ai toujours beaucoup dessiné, au fusain, au crayon gras, en illustrations noir et blanc. Alors chef d’entreprise, mais pas à n’importe quel prix, familialement parlant. Il faut une sacrée énergie à une femme pour s’imposer dans une société toujours très patriarcale.




Que pensez-vous de cette journée du 8 mars ?


Que c’est d’abord une journée qui passe plutôt inaperçue. Que la nécessaire égalité hommes-femmes devrait être ancrée dans les mœurs. Et oui, si les femmes méritent mille fois cette journée, il est bon de rappeler tout de même que cette égalité des droits a été avant tout une lutte. C’est aussi une journée qui nous permet de garder à l’esprit que nous sommes privilégiés en France et que tous les pays n’ont pas la même chance que nous.




Et si vous étiez élue présidente de la république, quelles seraient vos premières mesures ?


Elles concerneraient l’égalité salariale. Toutes les questions d’injustice et d’inégalités me révoltent. Et pour avoir évolué auparavant la plupart du temps dans des petites structures, c’est un vrai sujet d’actualité. A travail égal, salaire égal, c’est la base. Parler de la question, c’est déjà mettre en lumière ce qui est dans l’ombre. Un premier pas.




Votre devise ?


Pas de frontière à la créativité comme pour l'égalité




L’atelier de confection Serge Bavay en un mot ?


Le changement.

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